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« Le Numérique » : première pierre du lieu totem de la tech bisontine

JI

Jimmy Inthalangsy

Fondateur du journal IA Besançon & développeur IA

Vue générale du quartier de Planoise à Besançon depuis la colline de Rosemont : barres d'immeubles blanches, grues de chantier et collines boisées à l'horizon

Photo : Besançon, vue générale du quartier de Planoise — Wikipedro, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le 26 août 2025, Grand Besançon Métropole et ses partenaires ont posé la première pierre du « Numérique », aux 9-11 rue du Luxembourg, à l'entrée du quartier de Planoise. Trois mille mètres carrés, 10,5 millions d'euros hors taxes, une ouverture visée mi-2027 : le futur bâtiment doit devenir le point d'ancrage physique de la filière numérique du Grand Besançon. Pour l'instant, le terrain est nu.

Une parcelle vide depuis 2022

L'adresse ne dit rien à qui ne passe pas par Planoise, mais elle a une histoire courte et parlante. Aux 9-11 rue du Luxembourg se dressaient les immeubles des Charmettes[4], démolis entre mars et novembre 2022 dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) du quartier[1]. Depuis, l'espace est resté vide, le sol simplement terrassé[2].

C'est sur cette parcelle que Grand Besançon Métropole et sa société publique locale Territoire 25 ont posé la première pierre du bâtiment le 26 août[4], jour de la conférence de presse de présentation du projet[2]. Le chantier proprement dit démarrera en novembre 2025, pour une livraison annoncée à mi-2027[1]. La logique du NPNRU est ici assumée : ne pas seulement reconstruire du logement, mais implanter un équipement économique dans un quartier prioritaire. Planoise est d'ailleurs désigné « quartier d'excellence numérique » dans le dispositif ANRU+[1].

Un rez-de-chaussée public, des étages pour les entreprises

Le programme — 3 000 m² selon Grand Besançon Métropole[1], environ 3 072 m² répartis sur cinq étages selon la French Tech Bourgogne-Franche-Comté[3] — repose sur une séparation nette entre le bas et le haut du bâtiment. Le rez-de-chaussée, vitré, accueillera un tiers-lieu ouvert au public : accueil, information et formation au numérique, avec un rôle explicite d'aide aux démarches administratives en ligne[2]. Au-dessus, sur des niveaux de bureaux, se déploieront le coworking en contrats d'occupation flexibles et des bureaux ou open-spaces en location[2].

Dans le détail, le lieu doit réunir :

  • un FabLab public[3] équipé de machines numériques, accessible ponctuellement ou via un abonnement[2] ;
  • une salle immersive à 360°, pensée pour la formation, la démonstration et l'acculturation[3] ;
  • des espaces de formation aux usages et aux métiers du numérique[1] ;
  • des espaces résidents pour les entreprises du numérique et l'accueil d'équipes R&D[1] ;
  • une salle des hôtes pour des animations[2].

Le bâtiment lui-même est présenté comme un démonstrateur : structure mixte bois-béton, photovoltaïque en toiture, récupération d'eau de pluie, raccordement au réseau de chaleur urbain et gestion technique du bâtiment (GTB)[3]. La construction vise le label R2S (Ready2Services)[3], qui répond aux quatre principaux enjeux d'un bâtiment « connecté et sobre » : économies d'énergie, service, confort, sécurité[1]. Le projet a été conçu par l'architecte Jean-Baptiste Barbet[2].

Un plan de financement à cinq entrées

Les 10,5 M€ HT reposent sur un empilement de concours publics — quatre subventions et un prêt —, caractéristique des opérations de renouvellement urbain. Les cinq lignes rendues publiques, additionnées, représentent 9,8 M€[2] :

  • ANRU, au titre de la convention pluriannuelle NPNRU : 1,5 M€ ;
  • ANRU+, volet « Planoise – quartier d'excellence du numérique » : 1,2 M€ ;
  • Région Bourgogne-Franche-Comté : 2,8 M€ ;
  • Grand Besançon Métropole, participation à l'investissement : 2 M€ ;
  • Banque des Territoires, prêt renouvellement urbain : 2,3 M€.

Ces cinq lignes n'atteignent pas le coût annoncé de 10,5 M€ ; le détail du solde ne figure pas dans les éléments repris par la presse locale[2]. Le prêt renouvellement urbain de la Banque des Territoires est, lui, garanti à la fois par Grand Besançon Métropole et par la Commission européenne, via ce que Grand Besançon Métropole présente comme le « nouveau dispositif Invest EU »[1]. Autrement dit, un mécanisme de garantie européen vient sécuriser un chantier de quartier bisontin.

Le « lieu totem » revendiqué par la métropole

L'intérêt du projet dépasse le bâti. Grand Besançon Métropole annonce clairement que le lieu a vocation à devenir « le lieu totem » d'une des filières d'excellence du territoire et de la French Tech[1]. La French Tech Bourgogne-Franche-Comté indique de son côté qu'elle travaillera avec la métropole, Territoire 25 et les partenaires pour préparer l'animation, les usages et les parcours entrepreneurs du futur site[3].

Reste la question de l'occupation. L'écosystème numérique bisontin dispose déjà de briques éparses : le FabLab des Fabriques, géré par Grand Besançon Métropole, fonctionne au 10 rue Picasso, avec imprimantes 3D, découpe laser, fraiseuse numérique et matériel électronique — Arduino, Raspberry Pi, robotique[5]. À la même adresse, l'association Fabrique Numérique Besançon, déclarée le 24 novembre 2020, s'est donné pour objet de rassembler acteurs publics et privés du territoire autour de l'innovation, de la formation, de l'insertion et du développement économique[6]. Les documents publics ne précisent pas, à ce stade, quelles structures s'installeront dans les murs du Numérique ni sous quel modèle de gestion — c'est probablement le prochain sujet à suivre.

Deux ans d'attente

D'ici mi-2027, l'essentiel se jouera hors du chantier : dans la définition des services, la tarification du FabLab, les partenariats de formation et la capacité à faire venir à Planoise un public qui n'y va pas spontanément. Un bâtiment ne crée pas un écosystème. Il lui donne, au mieux, un lieu où se croiser. Nous suivrons le chantier et la préfiguration des usages au fil des prochains mois.

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Sources & références

Les sources citées dans cet article, numérotées dans leur ordre d'apparition dans le texte.

  1. Un lieu totem du numérique en construction à Planoise

    Grand Besançon Métropole · Source officielle · · grandbesancon.fr

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  2. À Planoise, la première pierre du futur lieu totem numérique de Besançon est posée

    La French Tech Bourgogne-Franche-Comté · Web · · lafrenchtechbfc.fr

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  3. Pose de première pierre « Le Numérique » à Besançon

    Banque des Territoires · Source officielle · · banquedesterritoires.fr

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  4. FabLab des Fabriques du Grand Besançon

    Grand Besançon Métropole · Source officielle · · grandbesancon.fr

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  5. Association Fabrique Numérique Besançon (RNA W251009532)

    Net1901 — Journal Officiel des associations · Web · · net1901.org

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L'auteur

Jimmy Inthalangsy

Fondateur du journal IA Besançon & développeur IA

Développeur IA indépendant depuis une dizaine d'années, il a fondé IA Besançon, un journal à but non lucratif, pour raconter — par passion, et pour la transmettre — ce que le bassin bisontin invente en intelligence artificielle et en tech.

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