La Mission French Tech a publié le 6 mai la composition de son réseau pour la période 2026-2028[1]. La French Tech Bourgogne-Franche-Comté y conserve son rang de Capitale, aux côtés de dix-huit autres territoires[2]. Pour Besançon, l'information vaut moins comme un trophée que comme un cadre : celui dans lequel s'inscriront les trois prochaines années de l'écosystème tech local, au moment où sort de terre le futur bâtiment « Le Numérique » à Planoise.
Un troisième cycle de labellisation, plus large qu'avant
La French Tech n'est pas un guichet de subventions : c'est un label d'État, porté par une mission rattachée à la direction générale des entreprises, au sein du ministère de l'Économie et des Finances[3]. Tous les trois ans, elle redistribue ses cartes en désignant des Capitales — les pôles régionaux — et des Communautés, en France et à l'étranger.
Le millésime 2026-2028 compte 19 Capitales et 28 Communautés sur le territoire national, auxquelles s'ajoutent 78 Communautés réparties dans 57 pays[2]. Deux territoires accèdent pour la première fois au rang de Capitale, la Normandie et la Nouvelle-Calédonie, après plusieurs années de structuration comme Communautés[3]. À l'international, quinze nouvelles implantations apparaissent, des États-Unis à l'Arménie en passant par le Chili[3]. L'ensemble repose sur 1 100 bénévoles, dont plus de 40 % de femmes, et fédère quelque 3 000 start-up[2][3].
Ce que le label engage réellement
Être Capitale, c'est d'abord un mandat d'animation. La Mission French Tech décrit l'objectif du réseau comme celui de « fédérer et animer les acteurs de l'innovation de leur territoire » et de les mobiliser autour d'initiatives communes[2]. Leur connaissance fine des territoires en fait, toujours selon la Mission, des partenaires privilégiés pour la mise en œuvre des politiques publiques, et des facilitateurs du dialogue avec les institutions[2].
Le cadre fixé pour 2026-2028 est resserré autour de trois chantiers :
- Faciliter l'accès des start-up à la commande publique et à l'achat privé, c'est-à-dire aux premiers clients — souvent le maillon le plus difficile pour une jeune entreprise régionale[3] ;
- Mettre en avant les secteurs tech structurants de chaque territoire afin de renforcer leur attractivité auprès des fonds d'investissement[3] ;
- Contribuer à la souveraineté technologique française, en accompagnant les entreprises sur le déploiement de l'intelligence artificielle, l'industrialisation et les liens avec la recherche[3].
Sur le volet financement, l'association régionale dispose déjà d'un outil dédié : le dispositif Meet Your VC, qui organise des rencontres régulières entre un investisseur et ses adhérents. Chaque séance est suivie de rendez-vous individuels entre le fonds et les start-up qu'il a sélectionnées[4]. C'est peu spectaculaire, mais c'est exactement le type de passerelle qui manque le plus loin des grandes métropoles.
Le poids réel de la région
Les chiffres publiés à l'appui de la labellisation donnent la mesure : 264 start-up en Bourgogne-Franche-Comté et environ 3 300 emplois générés par l'écosystème tech local — « 3,3 k » dans le décompte de la Mission French Tech[3]. La région était déjà Capitale French Tech pour le cycle précédent, entamé en 2024[3]. Deux entreprises sont citées comme emblématiques du territoire — Weezevent (French Tech Next40) et Matawan (French Tech 120) —, auxquelles s'ajoute une usine implantée en région, celle de TSE, également labellisée French Tech 120[3].
Ces volumes restent modestes rapportés aux 18 000 start-up et 450 000 emplois que revendique la French Tech à l'échelle nationale[3]. La Bourgogne-Franche-Comté joue ainsi dans la catégorie des écosystèmes intermédiaires, où l'enjeu tient moins au nombre de créations qu'à la capacité à faire grandir les entreprises sur place.
Besançon : un ancrage qui se construit rue du Luxembourg
C'est là que l'annonce rejoint un chantier bien concret. À Planoise, sur l'ancien site des immeubles des Charmettes démolis en 2022, Grand Besançon Métropole fait construire « Le Numérique », un bâtiment de quelque 3 000 m² aux 9-11 rue du Luxembourg[5][6]. La collectivité le présente sans détour comme le futur « lieu totem » d'une de ses filières d'excellence — le numérique — et de la French Tech[6].
Le programme mêle usages grand public et hébergement d'entreprises : un rez-de-chaussée vitré dédié à un tiers-lieu de formation et d'accompagnement aux démarches en ligne, un FabLab équipé de machines numériques, une salle immersive à 360°, une salle des hôtes pour conférences et séminaires, puis à l'étage des espaces de coworking, des bureaux et des open spaces en location[5]. Le bâtiment vise le label R2S, référentiel des immeubles connectés et sobres[6].
Le coût total s'élève à 10,5 millions d'euros, répartis entre l'ANRU (1,5 M€ au titre de la convention pluriannuelle et 1,2 M€ au titre du volet « quartier d'excellence numérique »), la Région Bourgogne-Franche-Comté (2,8 M€), Grand Besançon Métropole (2 M€) et un prêt renouvellement urbain de la Banque des Territoires (2,3 M€)[5]. Le chantier a démarré en novembre 2025[6] pour une ouverture annoncée d'ici 2027[5], mi-2027 selon la collectivité[6].
Ce qu'il faudra suivre
Trois points mériteront d'être vérifiés d'ici la fin de l'année : la manière dont l'association régionale déclinera concrètement ses engagements à l'échelle bisontine, le calendrier de livraison du bâtiment de Planoise, et le contenu opérationnel du volet « accès aux marchés », de loin le plus difficile à mettre en œuvre. Le label est acquis jusqu'en 2028 ; le reste demande à être construit.
Mise à jour — juillet 2026 : sept lauréats régionaux au Tremplin Incubation
Deux mois après la reconduction du label, le réseau régional a donné une première mesure concrète de son activité. Le 3 juillet 2026, la Mission French Tech a dévoilé à VivaTech les 102 entreprises retenues pour la 5ᵉ promotion de French Tech Tremplin Incubation.[7] Sept d'entre elles sont rattachées à la Capitale French Tech Bourgogne-Franche-Comté : ARENIA, CENTAGA SAVEY, HILAJO GROUP, INTELLECTUALITY, MATERN'UP, MEND ME et SIGN ON.[8]
La dernière est bisontine : SIGN ON, fondée par Mehdi Mougin, développe un traducteur automatique de la langue des signes française. Le même porteur de projet avait déjà reçu, en décembre 2025, le coup de cœur du public de la promotion Tremplin Prépa régionale.
Sources & références
Les sources citées dans cet article, numérotées dans leur ordre d'apparition dans le texte.
- DP – Découvrez les Capitales et Communautés du réseau French Tech pour la période 2026-2028
Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique · Source officielle · · presse.economie.gouv.fr
Retour au texte - Labellisation 2026-2028 des Capitales et Communautés French Tech
La Mission French Tech · Source officielle · lafrenchtech.gouv.fr
Retour au texte - La French Tech confirme le dynamisme de la Bourgogne-Franche-Comté pour la période 2026-2028
Info-Beaune · Presse · · info-beaune.com
Retour au texte - La French Tech Bourgogne-Franche-Comté lance un nouveau dispositif : Meet Your VC !
La French Tech Bourgogne-Franche-Comté · Source officielle · · lafrenchtechbfc.fr
Retour au texte - « Le Numérique » : un bâtiment de 3.000 m2 à 10,5 M€ bientôt au cœur de Planoise
macommune.info · Presse · · macommune.info
Retour au texte - Un lieu totem du numérique en construction à Planoise
Ville de Besançon / Grand Besançon Métropole · Source officielle · · grandbesancon.fr
Retour au texte - Les 102 lauréats de la 5e promotion de French Tech Tremplin Incubation dévoilés à VivaTech
Mission French Tech · Source officielle · · lafrenchtech.gouv.fr
Retour au texte - Les entreprises lauréates de la 5e promotion de French Tech Tremplin Incubation et leurs Capitales ou Communautés French Tech de rattachement (PDF)
Mission French Tech · Source officielle · · lafrenchtech.gouv.fr
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Jimmy Inthalangsy
Fondateur du journal IA Besançon & développeur IA
Développeur IA indépendant depuis une dizaine d'années, il a fondé IA Besançon, un journal à but non lucratif, pour raconter — par passion, et pour la transmettre — ce que le bassin bisontin invente en intelligence artificielle et en tech.




