Événements
5 min de lecture

Micronora 2024 : deux Microns d’Or bisontins, dont un jumeau numérique

JI

Jimmy Inthalangsy

Fondateur du journal IA Besançon & développeur IA

Visiteurs marchant vers l'entrée du hall E, reconnaissable à sa toiture conique vitrée, au parc des expositions Micropolis de Besançon un jour de manifestation.

Photo : Micropolis Besançon — Arnaud 25, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Du 24 au 27 septembre 2024, le parc des expositions Micropolis a accueilli Micronora, le salon international des microtechniques et de la précision, qui fêtait cette année ses 75 ans[6]. Les organisateurs y annonçaient plus de 800 exposants, dont un tiers d’internationaux[1]. Au-delà de la fréquentation, c’est le palmarès des Microns d’Or qui dit le plus de l’évolution du secteur : à côté d’un centre d’usinage et d’un micromoteur en silicium, un jumeau numérique a été récompensé[3].

Une édition placée sous le signe des microtechniques intelligentes

Micronora est né en 1949 sous la forme d’un « Salon national de l’horlogerie et des Industries Comtoises » ; l’association a changé de dénomination en 1969, lorsque le salon s’est ouvert aux microtechniques[6]. Soixante-quinze ans plus tard, le fil rouge de l’édition 2024 était les microtechniques intelligentes, un thème décliné dans l’espace Zoom du salon[6].

À l’inauguration, le 24 septembre, Grand Besançon Métropole présentait le rendez-vous comme un salon de 800 exposants, dont 33 % d’internationaux, représentant 41 pays[2]. La presse locale faisait état du même ordre de grandeur, avec plus de 11 000 visiteurs professionnels attendus sur les quatre jours[1] ; le bilan définitif de fréquentation n’avait pas encore été publié à la date de cet article. Le salon a été inauguré par Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance[1], aux côtés d’Anne Vignot, maire de Besançon et présidente de Grand Besançon Métropole, de Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, et de Thierry Bisiaux et Fanny Chauvin, président et directrice de Micronora[2].

Le palmarès des Microns d’Or

Le concours des Microns d’Or récompense des réalisations présentées pour la première fois dans le cadre du salon, dans trois catégories[3]. Le palmarès 2024 est le suivant[3] :

  1. Machines & biens d’équipement : Micron d’Or pour Chiron et son centre d’usinage Micro5, doté d’une broche UGV pour l’usinage de haute précision ; Micron d’Argent pour Nidec et sa cellule Inline-Vision Cut & Weld, qui associe vision artificielle, découpe et raboutage automatiques.
  2. Composants & sous-ensembles microtechniques : Micron d’Or pour SilMach et son micromoteur pas à pas à cœur de silicium, présenté comme le plus petit et le plus autonome au monde ; Micron d’Argent pour VP Medtech x Armink, avec une cartouche d’aiguilles à tatouer à réservoir intégré.
  3. Systèmes intelligents & logiciels : Micron d’Or pour Percipio Robotics et son jumeau numérique pour la microfabrication.

Le jury a en outre décerné une mention spéciale, hors catégorie, à Laser Cheval pour sa machine laser Quartz Géode, qui peut recevoir une source nanoseconde ou femtoseconde pour le micro-usinage laser, ou une source continue pour la soudure[3].

Deux des trois Microns d’Or reviennent à des entreprises bisontines. SilMach, pionnière française de la micromécanique sur silicium, a reçu le sien dès le 24 septembre, pour ses solutions PowerMEMS destinées à motoriser des systèmes nomades comme les montres, l’électronique ou les dispositifs médicaux ; c’est son troisième Micron d’Or, après ceux de 2004 et 2014[4].

Un jumeau numérique primé dans un salon de mécaniciens

L’autre lauréat local, Percipio Robotics, est spécialiste de la robotique de haute précision pour le micro-assemblage. L’entreprise faisait partie des exposants retenus pour le Zoom, l’animation phare du salon, consacrée cette année aux microtechniques intelligentes[5][6].

Elle devait y présenter « une plateforme de micromanipulation, le simulateur associé avec la possibilité d’agir sur celui-ci via une manette et le jumeau numérique d’une machine de démonstration avec deux grippers de micromanipulation »[5]. Soit, concrètement, deux briques logicielles greffées sur le matériel[5] :

  • un simulateur pilotable « par diverses interfaces (souris, joystick, manette…) », qui permet à l’utilisateur de simuler des mouvements, des actions et de contrôler des encombrements ;
  • un jumeau numérique d’une machine de démonstration, décrit comme « un outil de suivi comportemental de la machine réelle » : via une interface graphique interactive, l’utilisateur voit ce qui se passe sur la machine, fait apparaître les informations dont il a besoin et agit sur certaines commandes.

C’est ce jumeau numérique, présenté au concours comme « un outil polyvalent pour la microfabrication », qui a valu à Percipio Robotics le Micron d’Or de la catégorie « Systèmes intelligents & logiciels »[3]. Autrement dit, la valeur ajoutée se déplace : le robot reste indispensable, mais la couche logicielle qui permet de le simuler, de le surveiller et de le comprendre devient un produit à part entière, primé au même titre qu’un centre d’usinage.

Ce qu’il faut retenir

Pour ses 75 ans, Micronora annonçait à Micropolis plus de 800 exposants, dont un tiers d’internationaux, représentant 41 pays[1][2]. Son palmarès esquisse une trajectoire : Chiron pour la machine, SilMach pour le composant, Percipio Robotics pour le logiciel qui les fait dialoguer[3]. Le bilan chiffré de l’édition, attendu dans les semaines qui viennent, dira si la fréquentation a suivi ; il restera ensuite à observer si la part des systèmes intelligents continue de croître dans les allées du salon.

Partager

Sources & références

Les sources citées dans cet article, numérotées dans leur ordre d'apparition dans le texte.

  1. Micronora 2024 (album photo de l’inauguration)

    Grand Besançon Métropole · Source officielle · · grandbesancon.fr

    Retour au texte
  2. Zoom 2024 : les applications des microtechniques intelligentes

    Micronora · Source officielle · · micronora.com

    Retour au texte
JI
L'auteur

Jimmy Inthalangsy

Fondateur du journal IA Besançon & développeur IA

Développeur IA indépendant depuis une dizaine d'années, il a fondé IA Besançon, un journal à but non lucratif, pour raconter — par passion, et pour la transmettre — ce que le bassin bisontin invente en intelligence artificielle et en tech.

Un sujet tech à faire connaître à Besançon ? Une innovation à raconter ?

Startups, laboratoires, collectivités, écoles : parlez-nous de ce qui bouge chez vous. Le journal est à but non lucratif : nous relayons par passion, gratuitement et sans contrepartie.

© Copyright 2026, ia-besancon | Jimmy Inthalangsy.
IA, tech & innovation dans le bassin de Besançon.