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L'ISIFC inaugure 1 500 m² pour doubler son école d'ingénieurs biomédicale

JI

Jimmy Inthalangsy

Fondateur du journal IA Besançon & développeur IA

Le bâtiment des Propédeutiques de l'UFR Sciences et Techniques sur le campus de la Bouloie à Besançon, sa façade de pierre dorée percée de larges fenêtres et sa cage d'escalier vitrée, ouvrant sur un vaste parvis sous un ciel bleu

Photo : Besançon, le bâtiment des Propédeutiques de l'UFR des Sciences et Techniques — Wikipedro, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Mercredi 4 juin, l'Institut supérieur d'ingénieurs de Franche-Comté (ISIFC) a inauguré son nouveau bâtiment, au cœur du campus Bouloie-Temis à Besançon. Plus de 1 500 m² neufs, financés par quatre partenaires publics, pour la seule école d'ingénieurs française entièrement consacrée aux dispositifs médicaux. L'objectif affiché : doubler les effectifs pour atteindre 300 étudiants en 2028.

Une architecture pensée comme un outil pédagogique

L'inauguration s'est tenue en présence de Vincent Armbruster, directeur de l'ISIFC, de Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté, d'Anne Vignot, présidente de Grand Besançon Métropole, et d'Hugues Daussy, président de l'Université Marie et Louis Pasteur[2]. La journée a enchaîné accueil sur le parvis, visite guidée du bâtiment, table ronde consacrée à la « Performance des dispositifs médicaux : quand la technologie répond à de nouveaux besoins », puis allocutions officielles[1].

Construit sur un terrain entièrement vierge, l'édifice est signé de l'agence Dominique Coulon & Associés. Il joue d'une dualité de volumes : un corps en béton teinté dans la masse, dont les aspérités doivent accueillir à terme des mousses naturelles rappelant le site boisé, et, à l'est, un volume vitré qui abrite l'amphithéâtre et une grande salle de cours modulable[1]. Les 1 500 m² se répartissent sur trois niveaux et comptent seize salles de cours flexibles et à usages multiples[2].

Le parti pris est explicitement fonctionnel : des parois mobiles permettent de fusionner l'amphithéâtre et la salle d'exposition en quelques minutes, et le programme intègre salles projet, zones de prototypage, salles techniques et plateformes pédagogiques[1]. Vincent Armbruster a rappelé que les anciens locaux, devenus « étriqués », ne suivaient plus la croissance de l'école, et a présenté le nouveau bâtiment comme un « véritable outil pédagogique » capable de s'adapter aux usages à venir[2]. Avant ce déménagement, l'ISIFC occupait environ 1 080 m²[4].

Sept millions d'euros, quatre financeurs

Le coût total de l'opération s'établit à 7 023 373 euros toutes dépenses confondues, hors taxes, selon le dossier de presse des financeurs[1] ; la presse locale a fait état d'un investissement de 8,4 millions d'euros, un écart qui correspond vraisemblablement au périmètre retenu[2]. La répartition entre partenaires publics est la suivante[1] :

  • Région Bourgogne-Franche-Comté : 3 268 550 € (46,54 %)
  • Université Marie et Louis Pasteur : 1 798 546 € (25,61 %)
  • Grand Besançon Métropole : 1 742 277 € (24,81 %)
  • Département du Doubs : 214 000 € (3,05 %)

Ce chantier n'est pas isolé. Il s'inscrit dans la transformation du campus Bouloie-Temis, qui mobilise près de 80 millions d'euros d'ici 2027 sur le plus grand campus de Franche-Comté, fréquenté par plus de 10 000 étudiants[1]. Le programme d'ensemble prévoit plus de 65 000 m² d'aménagements paysagers, 40 000 m² de bâtiments créés ou rénovés et 2,7 km de cheminements piétons et cyclables[6].

Doubler les effectifs d'ici 2028

L'ISIFC, créé en 2001 et intégré à l'Université Marie et Louis Pasteur, forme aujourd'hui une soixantaine d'ingénieurs par an en génie biomédical[1][5]. L'école revendique une triple culture rare — technique, réglementaire et médicale — et un cursus de trois ans habilité par la Commission des titres d'ingénieur, doublé du label européen EUR-ACE[1]. Le nouveau bâtiment doit permettre de doubler les effectifs, avec un objectif de 300 étudiants en 2028[1] ; le calendrier du campus programme d'ailleurs la livraison d'un second bâtiment ISIFC en 2027[1], la page du projet évoquant pour sa part une extension à l'horizon 2028[6].

La demande, elle, est déjà là. Plus de 82 % des diplômés trouvent un emploi dans les deux mois, dont 27 % en Bourgogne-Franche-Comté, 24 % en Auvergne-Rhône-Alpes et 17 % en Suisse[5]. L'école a par ailleurs lancé, avec ses partenaires universitaires et professionnels, le projet ARCliMeD (Affaires réglementaires et cliniques pour l'industrie du dispositif médical), qui vise à former un millier de spécialistes en cinq ans dans le cadre de France 2030, avec huit universités partenaires[5]. En mai, elle a également créé une chaire de mécénat « Technologie pour la santé » avec les entreprises STATICE et DIXI Medical comme membres fondateurs, appuyée par la Fondation FC'INNOV[1].

L'e-santé et l'IA déjà dans le cursus

En troisième année, l'ISIFC propose quatre options de spécialité : biomécanique et microsystèmes, bio-ingénierie, microrobotique en santé et e-santé[1]. Cette dernière, créditée de 10 ECTS au semestre 5, consacre son module le plus lourd à l'intelligence artificielle appliquée à la santé[3] :

  • Intelligence artificielle (4 ECTS) : deep learning et analyse de données, algorithmes génétiques, systèmes multi-agents[3]
  • Systèmes d'information de santé (2 ECTS) : plateformes de télémédecine, serveurs PACS et normes d'interopérabilité HL7, IHE et DICOM[3]
  • Analyse d'images (1 ECTS) : traitement d'images médicales sous MATLAB/Octave[3]
  • CryptoSecu (1 ECTS) et RESOCOM (2 ECTS) : sécurisation des données médicales, réseaux, cloud et objets connectés en santé[3]

Autrement dit, les compétences en apprentissage automatique ne sont pas ici un supplément d'âme mais un bloc identifié du diplôme, adossé à une culture réglementaire et clinique — précisément la combinaison que réclame le marquage des dispositifs médicaux intégrant de l'IA.

Un pari sur la décennie

Reste que l'inauguration d'un bâtiment ne fait pas une montée en puissance. Le doublement des effectifs suppose un second bâtiment, des recrutements enseignants et un flux de candidatures à la hauteur. Les partenaires publics ont posé la première brique ; les prochaines années diront si l'objectif de 2028 tient. Pour l'heure, Besançon dispose d'un équipement neuf, ouvert sur la forêt et sur l'industrie, au milieu d'un campus en chantier depuis 2021[1][6].

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Sources & références

Les sources citées dans cet article, numérotées dans leur ordre d'apparition dans le texte.

  1. Un nouveau bâtiment au service de l'apprentissage pour l'ISIFC

    macommune.info · Presse · · macommune.info

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  2. Option de spécialisation : e-Santé

    ISIFC — Université Marie et Louis Pasteur · Source officielle · isifc.univ-fcomte.fr

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  3. Le chantier des futurs locaux de l'école avance !

    ISIFC — Université Marie et Louis Pasteur · Source officielle · isifc.univ-fcomte.fr

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  4. Campus Bouloie-Temis — le projet de transformation

    Ville de Besançon / Grand Besançon Métropole · Source officielle · bouloietemis.besancon.fr

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L'auteur

Jimmy Inthalangsy

Fondateur du journal IA Besançon & développeur IA

Développeur IA indépendant depuis une dizaine d'années, il a fondé IA Besançon, un journal à but non lucratif, pour raconter — par passion, et pour la transmettre — ce que le bassin bisontin invente en intelligence artificielle et en tech.

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